Lettera n. 642

Mittente
Manzoni, Alessandro
Destinatario
Baudry, Louis Claude
Data
[maggio 1842]
Luogo di partenza
[Milan]
Luogo di arrivo
Paris
Lingua
francese
Incipit
Ce n'était que pour vous expliquer les motifs
Regesto

Alessandro Manzoni tratta con l'editore Baudry della vendita e di una eventuale ristampa parigina della nuova edizione dei Promessi Sposi.

Note

Risponde alla lettera di Baudry del 23 maggio 1842, vd. PARENTI 1945, p. 290.

Testimoni
  • (minuta) Milano, Biblioteca Nazionale Braidense, Manz.B.I.11/2, cc. 2rv
Edizioni
  • PARENTI 1945, p. 292.
  • ARIETI-ISELLA 1986, lettera n. 642, vol. II, pp. 224-226, note alle pp. 792-793.
Opere citate

Storia della colonna infame; I promessi sposi

+ Testo della lettera

Monsieur

Ce n'était que pour vous expliquer les motifs de la détermination que je m'étais vu forcé de prendre, que j'avais eu l'honneur de vous écrire. C'est encore dans ce but, que je vais vous exposer les réflexions qui me sont suggerées par la réponse que vous avez bien voulu me faire. Quoique votre édition ne soit pas dirigée contre moi, c'est à moi et à moi seul, qu'elle fait une guerre réelle: car, ce qui n'était qu'une mesure préventive à l'égard des libraires belges qui en ont été quittes pour renoncer à une petite spéculation, est devenu une mesure pénale pour moi qui ai dû vous dévancer, puisque c'est la triste condition des auteurs d'être les premiers à publier leurs ouvrages. Vous dites, M.r, que vous épuisiez les derniers exemplaires de votre édition in 8.o la seule qui vous restait, au moment où parurent les premières livraisons de la mienne. C'était une situation que je n'aurais pu que vous envier. Vous ajoutez que vous vouliez combattre par tous les moyens en votre pouvoir l'invasion belge. Il est triste pour moi que, votre détermination étant si absolue, le moyen ait été d'établir une concurrence désastreuse contre mon édition qui était au commencement de son débit. Mais enfin, en supposant que la contrefaçon belge eût pu se mettre en votre lieu et place, en répandant en France, c'est à dire dans le pays du monde où je pense qu'elle a le moins de correspondans, une édition par livraisons, c'eût été d'elle que j'aurais dû songer à me défendre. En tout cas, le moyen auquel j'ai eu recours, rendra également impossible l'introduction en France de toute contrefaçon complète qui pourrait venir de ce côté-là, comme de tout autre. Car, je vous dirai franchement que je ne puis partager vos doutes sur l'efficacité de ce moyen. Ce sera, dites vous, M.r, un chapitre dejà publié, avec seulement des changemens qui ne constituent que des corrections. Mais vous–même, dans une des vos annonces, avez qualifié de nouveau texte celui dont un chapitre sera publié pour la première fois à Paris; vous avez dit dans une autre que la nouvelle édition était améliorée par l'auteur. Or, cette nouveauté, cette amélioration sont bien quelque chose qui n'est pas encore tombé dans le domaine public. C'est pour cela que je ne puis envisager comme très peu probable le gain d'une cause où il s'agirait d'une propriété reconnue pour la loi, et ayant un objet réel. Ce que la France a à souffrir de la contrefaçon étrangère (car je suis loin de vouloir établir une comparaison entre nos bribes et l'immense curée que la France offre, malgré elle, à l'imprimerie belge) serait pour moi au besoin un motif de plus pour être assuré que mon droit y trouvera une juste faveur. Mais je reconnais de bon coeur que la France est un pays où le sentiment de la justice, pour être vif, n'a pas besoin d'être appuyé sur une analogie d'intérêt.
Si vous étiez disposé à traiter avec moi pour l'autorisation de réimprimer le Chap[itre] des Pr[omessi] Sp[osi] et l'autre, si cela est dans vos intentions, vous savez, M.r, que mon ami M.r Defresne a bien voulu accepter de moi tous les pouvoirs nécessaires. Dans ce cas il faudrait que l'arrangement fût conclus dans le plus bref délai, pour qu'il en fût fait mention dans la déclaration de prise de propriété; car j'attends de recevoir l'édition originale du chapitre pour le réimprimer dans mon édition.
J'avais eu l'honneur de vous écrire dans le tems, que c'était moi–même, et non les éditeurs, qui traitais avec vous pour la vente de mon édition en France. Voila purquoi ils ne vous ont point envoyé de facture. Vous m'avez écrit alors que vous m'adresseriez le montant des premiers exemplaires, lorsque vous feriez une nouvelle demande. Cette condition étant malheureusement devenue inappliquable pour tout le temps de la publication par livraisons, je crois que vous trouverez convenable de payer la totalité à la reception de la livraison qui complètera le volume, aux conditions que vous avez fixées. Quant au nombre, je dois reconnaître une erreur que j'ai commise. N'ayant pas sous les yeux votre lettre où la demande est marquée 96 pour 100, au moment que je donnai les instructions pour l'envoi, je me suis trompé de chiffre, et j'ai dit d'en envoyer 100 pour 104. Si vous teniez à l'execution stricte du contrat, vous pouvez me rendre les 4 ex[emplaires] qui dépassent votre demande; et je ne doute point que M.r Defresne n'aie la complaisance de les recevoir pour moi. Quant aux 2000 prospectus, comme il était clairement convenu, que je les ferais imprimer à mes frais, vous devez voir, M.r, qu'il ne peut être question de les mettre sur votre compte.
Je finis en exprimant de nouveau le désir sincère d'un arrangement, et en vous priant d'agréer l'assurance de la parfaite considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être ***

[Alexandre Manzoni]