Lettera n. 645

Mittente
Manzoni, Alessandro
Destinatario
Fresne, Marcellin de
Data
[1 giugno 1842]
Luogo di partenza
[Milan]
Luogo di arrivo
Paris
Lingua
francese
Incipit
Vous devinez la triste cause du retour de l'incluse
Regesto

Alessandro Manzoni annuncia a De Fresne l'invio del pacco contenente i due capitoli del romanzo da pubblicare a Parigi e si sottrae con garbo alla richiesta di un proprio autografo da parte di Pariset. Lo scrittore rivolge degli apprezzamenti alla traduzione di Cicerone eseguita da De Fresne e accenna alle sue riflessioni sulla lingua italiana.

Testimoni
  • (minuta) Milano, Biblioteca Nazionale Braidense, Manz.B.I.45/2, c. [2]rv bis
Edizioni
  • ARIETI-ISELLA 1986, lettera n. 645, vol. II, pp. 232-234, note alla p. 794.
Opere citate

I promessi sposi; Della lingua italiana

+ Testo della lettera

Vous devinez la triste cause du retour de l'incluse. Le bon P. Baserge est mort. Cela était dans l'ordre de la nature; mais tout est dans l'ordre de la Providence: c'est l'unique consolation dans de terribles circonstances; mais peut–on en souhaiter d'autres quand on goûte celle–là?
Cette lettre précèdera de très–peu ou suivra de très–près un paquet contenant pouvoirs, copie, et une impitoyable lettre de quatre pages. C'est M.r Denois qui a bien voulu se charger de vous la faire parvenir ainsi que ma première lettre. J'ai besoin de vous répéter combien je suis reconnaissant et honteux.
Après cela il me faut du front pour vous dire que j'ai de la répugnance pour une chose que P[ariset] désire et qui m'est demandée par vous. Il me semble que quoi qu'on mette sur un bout de papier n'étant pas à une autre fin, cela signifie toujours: je trouve fort naturel que l'on donne de l'importance à ce qui vient de moi, en foi de quoi j'ai signé.
Les exemples que vous alléguez ne m'encouragent point, précisément parce qu'ils sont illustres; et qu'il y a quelque excuse à croire un peu ce qu'on entend répéter par tout le monde. Dans ce cas–ci c'est une envie de femme grosse à laquelle Pariset ne devrait pas se prêter. Si vous y tenez pourtant l'un et l'autre, il va sans dire que je vaiacrai ma répugnance. J'espère pres, que autant que je le souhaite, que notre cher Pariset ne restera pas à moitié chemin. Il est fait pour sentir que la foi donne ce que la philosophie promet, et que ce n'est que là que ce qui est beau devient tout–à–fait vrai. Ah! que je voudrais avoir entendu une telle éloquence employée pour une telle cause!
Nos questions sur la langue sont si embrouillées (elles datent de cinq siècles) qu'il est impossible d'expliquer sans de longs discours en quoi votre traduction de Cicéron peut me servir comme un des exemples propres à l'éclaircir.
Je vais pourtant vous en dire un mot; mais qui malheureusement ne pourra être le mot de l'énigme. Il n'y a dans votre traduction que le sujet qui soit ancien et étranger: la forme est partout et tout-à-fait française en exceptant ce qui regarde des usages locaux, ce qui est inévitable et peu de chose. Et en même temps on y retrouve rendues avec la plus grande fidélité les pensées que Cicéron a exprimées avec des formes si différentes. Deux conditions que, certes, il n'est pas donné à tout le monde de remplir dans une traduction française, mais que personne ne pourrait remplir avec une langue reconnue italienne. Ces choses auxquelles on donne ce nom, sont plusieurs d'abord et ensuite ce sont des chimères. Il en est une véritable langue, mais c'est justement celle–là que l'on nie. Ceci est peut–être un paradoxe pour vous: ici c'est une hérésie épouvantable; mais si Dieu me donne vie, j'espère montrer que c'est une vérité très–simple. Si j'ai le bonheur de vous voir avant d'avoir achévé et publié mon fatras sur ce sujet, je me félicite tout en vous plaignant, de l'idée de vous en parler au long.